Posts Tagged ‘Tabous’
Posted on mars 11, 2009 - by Nana
Mardi is the new lundi
Autour de moi tout le monde est sur les genoux. Pas juste un ou deux, c’est quatre, cinq en même temps, sans compter ceux qui me le disent pas… J’avoue que, maintenant que j’y pense, j’ai pas mal la plotte à terre… Le sens de l’humour étant intact, je devrais être en bonne voie de m’en sortir.
Je pense que j’ai développé une bonne capacité d’abstraction. Par exemple, mes lundis matin, qui sont habituellement catastrophiques, s’étendent en longueur. Mardi is the new lundi! Et lundi est parti dans une nouvelle dimension. “Lundi”, je me demande si quelqu’un a pensé a appeler son enfant “Lundi”. Ça serait vraiment cruel.
Bon OK! Le printemps arrive, c’est juste BEN TOP LONG. Quand je ferme les yeux, je m’imagine complètement immobile dans une tiédeur incroyable, tsé, quand c’est l’été et que la température est juste parfaite, que “dehors” est pareil comme “en-dedans”, atmosphériquement parlant. Je suis immobile, les enfants sont occupés et je n’ai pas à les surveiller, tout ce que j’ai à faire, c’est respirer, et regarder le beau paysage.
Je pense qu’il y a un moment où, comme parents, ou comme “couple de parents”, on veut juste se parler, jaser, et c’est de la haute-voltige. Moi ça me grille le cerveau. Je dis “couple de parents” parce que de la même façon que je suis une mère mais aussi une femme, ou une femme mais aussi une mère? Comment appeler ça? Des parents, c’est un couple, est-ce qu’on pourrait dire un couple avant tout?
Parce que dans mon entourage, il y a encore un couple de parents qui s’est séparé. Et quelqu’un, un père séparé, a fait un commentaire énorme, il a dit à un des parents:
Bienvenue dans le monde des vivants! Je suis passé par là et je ne me suis jamais senti aussi bien, félicitations! T’es enfin libre!
Manifestement, c’est quelqu’un qui a vraiment souffert de la vie de famille, de SA famille. Et c’est un commentaire pas très politiquement correct. J’ai quand même l’impression qu’il a dit ce que beaucoup de gens pensent.
Quand je regarde certains parents séparés, j’ai un malaise parce que parfois je les envie. Une semaine sur deux, “mère-redevenue-femme” peut s’attarder un peu au travail, sortir avec une copine sans que ça soit lourd, faire du sport, manger tranquillement, reprendre son souffle, reprendre son territoire.
Comment est-ce qu’on s’est amanché comme société, pour que vivre en famille soit tellement difficile, et lourd, que se séparer devient la liberté ultime?
Je trouve que devenir une famille met le couple au test de façon incroyable. Dans le tourbillon de la vie de famille, chaque irritant prend des proportions exponentielles.
Chez nous, on s’en sort avec une dose phénoménale de flexibilité. Avec de la patience, du “travail d’équipe”. Avec la conviction que c’est mieux de préserver ce qu’on a plutôt que d’aller “recommencer” ailleurs. L’amour, oui, évidemment. Mais pour préserver l’amour dans le couple, ça prend une petite recette…
Touchons du bois!
Photo bébé: abardwell
Photo couple: (A3R) angelrravelor (A3R)Posted on juillet 17, 2008 - by Nana
Femme au foyer ou femme en feu
Avec quoi a-t-on remplacé le modèle de la femme au foyer?
On s’entend: je me réjouis d’avoir une carrière, je me réjouis d’avoir des enfants, et je suis heureuse avec mon amoureux, le père de mes enfants. Je me réjouis de toutes les femmes qui ont une carrière. En dehors de ça, quand je compare mon enfance et l’enfance de mes enfants, quand je compare mon quotidien avec celui qu’avait ma mère au mème âge, je me pose des questions.
Productivité, je t’aime
Des fois, on a un point de vue négatif sur les femmes au foyer: On a l’impression qu’elles se prélassaient toute la journée, ne prenaient pas soin de leur apparence, profitaient de leur mari. Aujourd’hui, on glorifie la suractivité, la productivité, la perfection. Quel lavage de cerveau a pu permettre ça? Qu’est-ce qu’on peut bien en retirer?
Mathématiquement…
On prend un père qui travaille toute la semaine pour faire vivre sa famille. On ajoute une mère qui s’occupe des enfants, de la maison, du bien-être de la famille. Avec ça, des enfants, qui reviennent de l’école tôt et dans une maison où le niveau de stress est relativement normal. Disons qu’on avait là une forme de modèle, qui avait ses défauts évidemment, mais un modèle en ce sens qu’il était partagé par l’ensemble d’une société depuis nombre d’années.
À partir de ce modèle-là, qu’est-ce qu’on fait: on ajoute, on ajoute, on ajoute! On ajoute une carrière, on ajoute qu’on veut que nos enfants prennent des cours de langues dès la gestation, qu’ils deviennent des petits génies, on ajoute de la pression, et encore de la pression.
- Avons-nous plus d’énergie que dans les années 60-70?
- Voulons-nous à tout prix prouver que nos talents d’organisation font des miracles?
- Le partage des tâches n’a-t-il pas le dos large?
- Est-ce que tout le monde a une femme de ménage, qui vient plusieurs fois par semaine?
- Mangeons-nous que des surgelés?
Il y a forcément quelqu’un qui paie!
Au choix: parents épuisés, parents endettés, parents divorcés, enfants stressés…
Difficile conciliation travail-famille
- Parents au travail: attention danger! (”Pourtant, c’est dans la réévaluation complète des contraintes liées au travail que se trouve une piste de solution à cet épineux problème social. «Les entreprises ont tendance à considérer que faire des enfants est une responsabilité individuelle, alors que la problématique des parents-travailleurs a des dimensions sociales, culturelles et économiques très fortes. Il faut donc arriver à transformer les milieux de travail en fonction d’une conscientisation plus collective de cette réalité. Car il s’agit véritablement d’un débat de société», ajoute madame Tremblay.”)
- 1 woman, 2 roles and stress (de la difficulté à passer de la vitesse pro à la vitesse famille)
- The elements of stress in parenting 101 (”Attention! Attention! This is your Parent speaking. Get up. Get dressed. Eat breakfast. Put on your coat. Run to the school bus. NOW!“)
- Le parent et le couple au risque de la parentalité
- Stress Management For Kindergartners (”Every other generation saw parents going through hardship. But they also saw family meals or playing in the street. Now grown-ups de-stress in the middle of the night, after everyone else goes to sleep.”)
- Entrevue avec Gisèle Georges, auteure de “Ces enfants malades de stress“
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Photo: fazenPosted on juillet 4, 2008 - by Nana
L’amour infini
À force de discuter avec des copines mamans, je me rends compte d’une chose: on n’est pas douées pour prendre du temps pour nous-mêmes. Les papas, eux, en auraient beaucoup à nous apprendre… Comment font-ils?
Temps libre typique de maman
- Préparer le camp de jour du plus vieux
- Aller magasiner pour les enfants
- Partir une brassée
- Aller dîner avec une amie
- Culpabiliser
- Aller chercher les enfants plus tôt
Temps libre typique de papa
- Aller au cinéma
- Aller s’acheter des livres/films/gadgets
- Jouer à des jeux sur l’ordinateur
- Passer la soirée avec les amis, rentrer très tard
- Aller faire du sport
C’est pas juste!
Et, à bien y penser, j’ai l’impression que la source de notre incapacité à prendre du temps perso est la culpabilité. Parce que être mère, c’est infini. C’est l’amour infini. C’est donner infiniment. C’est des bisous innombrables. C’est ne pas pouvoir respirer trop loin de notre progéniture. C’est se sentir coupable de tous les maux passés et à venir.
Dans ce contexte, comment pourrais-je envisager sérieusement aller chez l’esthéticienne?
Non mais, sans blague. Je pourrais handicaper sérieusement l’avenir de mon enfant en l’abandonnant ainsi. On s’en fout qu’on voit mes points noirs depuis l’autre côté de la rue! On s’en fout que mes cheveux tiennent plus de la moppe que de la soie. On s’en fout que je suis habillée en maman-soccer de 1998. Il y a dans les hautes sphères de la noblesse de l’âme un mandat infini: celui de donner le maximum à ma descendance. Coûte que coûte.
C’est pas que je n’essaie pas
Parfois, j’en ai marre, et je me mets sur mon 36. Talons hauts, ensemble chic, maquillage, etc. Je me dandine, je suis à la mode, j’ai l’air chouette. Et puis je vais chercher les petits. Reality check. Qu’est-ce qui à l’air plus tarte qu’une femme qui va chercher ses enfants tirée à quatre épingles? Qui a peur de salir sa blouse blanche avec du jus de popcycle? Qui ne peut pas serrer son petit dans ses bras parce qu’il vient de manger du gâteau? C’est bibi! Absurde! Me priver du plaisir de recevoir mon fils qui me saute dans les bras en criant: “mamaaaaaan!”, me retenir de faire un câlin à une poupoune pleine de graines de biscuit? Déjà, je ne peux pas recevoir 40 livres d’enthousiasme en talons hauts sans tomber, et ensuite, je n’ai aucune idée comment faire partir des taches sur le blanc.
Pour rendre les choses plus difficiles…
Les femmes, on essaie même de sauver la face. Avouons! Quand on reçoit des amis, la maison est soudainement nickel! On cuisine des petits plats parfaits! Comment ça va? ça va très bien! Super top! génial! Tes cheveux sont superbes! Mon couple va très bien! ouais! super! génial! Hahaha! J’en ai mal au sourire. Il faut gratter longtemps pour se rendre compte que c’est à peu près pareil chez la voisine!
Mais il y a les autres…
Celles qui te recoivent dans une vraie maison à l’envers. Celles qu’ont voudrait envoyer à What Not To Wear. Celles qui ont de la broue dans le toupet, et que ça se voit littéralement dans leur coupe de cheveux. Celles qui admettent ne pas trop tripper “maternité”. Celles qui font un usage étendu de gardiennes. Celles qui font un usage étendu de films. Vont-elles chez l’esthéticienne?
Il faut faire quelque chose
C’est un cas de testostérone. On en est là. Des suppléments. Beaucoup de suppléments.
Je me demande si c’est bon contre les points noirs?
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Photo: *L*u*z*a*