Posts Tagged ‘Mots d’enfants’
Posted on juin 1, 2008 - by Nana
Roche papier ciseaux
Dans la vraie vie, j’aime m’enraciner dans mon lieu de vie. Faire mon nid, prendre le temps de peinturer les murs avec soin, faire mon territoire. J’ai absolument horreur de déménager.
Déménager? C’est pareil comme mettre toutes ses choses dans un grand sac, et bien brasser. On en a pour des mois après pour se retrouver. Bon, je sais, il y a sûrement des techniques, des stratégies.
COMME: déménager dans une immense maison, où chaque chose a sa place. Une immense cuisine où, comme dans les revues, chaque casserole est alignée (avec rien de caché derrière), les armoires sont en vitre frostée et toutes les assiettes sont assorties. Un palace, où il y a une entrée digne de ce nom. En anglais on appelle ça un “mudroom“, et je ne vois pas ce que ça peut avoir d’attirant comme terme? La boue, est-ce qu’on pourrait juste la laisser dehors, svp? Une grande entrée, je bave juste à y penser. Une entrée avec des crochets pour acrocher son beau petit manteau qui est beau même accroché, avec des cubes de rangements pour les tonnes de souliers, foulards, chapeaux, mitaines dont on a ABSOLUMENT besoin pour vivre, qui sont toujours propres et ne déversent pas de saletés par terre, une belle tablette pour déposer sa clé et la lettre qui vient d’arriver (tous le monde sait que quand le facteur passe, on ne reçoit qu’une lettre à la fois, et ce n’est pas un compte ni une circulaire)…
STOP! quelqu’un va devoir m’expliquer pourquoi je regarde des revues de décoration. J’achète des numéros spéciaux “rangement” avec des belles photos avant-après. Quand je regarde ces revues, je ne peux qu’avoir l’impression de vivre dans une “maison de crotte”, comme dit mon beau-frère (même si sa maison est dotée d’une grande entrée. Allez comprendre quelque chose). Non, en fait, ce n’est pas du masochisme, même si je suis capable d’accéder à des niveaux impressionants d’aberration à ce niveau-là, c’est tout simplement mûe d’un espoir naïf.
Mon fantasme, ça serait de déménager… non non non, fantasmons réellement! je recommence: mon fantasme, ça serait de me (nous) téléporter dans une maison parfaitement vide et parfaitement blanche, et parfaitement sortie d’un logiciel 3D. Vide, vide, vide, comme jamais rien n’a été vide. Vide comme un verre qui a été lasvé au cycle extra long “pots and pans” quand il ne reste plus de rince et que ça fait scroutch-scroutch (désolée pour cette référence pénible).
Non, non mais ma maison 3D de fantasme, elle ne fait pas scroutch-scroutch. Les murs sont blancs, et elle a été peinte avec la peinture “veloutée” (pas par moi), et les murs sont donc doux comme de la peau de nouveau-né (c’est une imposture aussi grosse que le café velouté. velouté? velours? café? velours? café?). Les murs sont blancs, mais c’est un blanc merveilleux et magique, un blanc riche.
Alors voilà, dans cette maison blanche et vide, très vide, il y a 4 joyeux lurons. Une maman, un papa, un bout-en-train de 6 ans, et une poupoune de 4 ans. On s’ennuie un peu, tout-à-coup. On va jouer à Roche-papier-ciseaux. Ou plutôt à Roche-papier-ciseaux-allumette-fusil-baton-laser-joker de laser, parce c’est notre version dans la vraie vie.
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Crédit photo: decor8
