Posts Tagged ‘Livres’
Posted on mars 16, 2009 - by Nana
Mères jardinières
Comment font les autres? C’est une question que je me pose quotidiennement. C’est aussi ce qui m’a amenée à consommer avidement une quantité toujours grandissante de blogs de parents.
Petites difficultés
Quand mes enfants étaient tout petits, souvent j’en arrachais, et je discutais de mes difficultés avec d’autres mères pour réaliser que c’était à peu près pareil chez elles. L’allaitement était aussi douleureux au début. Les coliques, je ne suis certainement pas la seule à avoir connu ça. Le manque de sommeil? Fouillis, anyone? trouver une garderie, peut-être? Le cerveau est ainsi fait qu’on oublie ces choses-là. On ne garde que les bons souvenirs, en contemplant nos mignonnes photos de bébés qui dorment. Une fois, une, on a pris une photo de notre garçon qui braillait à se déchirer le poumon, pour s’en souvenir… C’est une réalité qui se produisait quand même régulièrement. Une photo sur 3500? 4000?
Moyennes difficultés
Par contre, quand les enfants grandissent, je remarque que le vécu est de plus en plus différent d’une famille à l’autre. Il y a les enfants sages, et les autres. Il y a des parents impliqués, beaucoup, à la folie, pas du tout. Il y a des gènes, il y a des couples qui se séparent. Nos chemins, partis à peu près du même point avec bébé, divergent.
Grandes difficultés
“Petits enfants, petits problèmes”, me rappelle souvent ma grande amie. Ça m’empêche de m’asseoir sur mes lauriers les jours où ça va bien. Je vis dans le doute! Oui, mais?
Mère indignes
Cela dit, il y a des mères indignes. J’en suis une, hé! ho! J’ai déjà servi des chips pour souper. J’exagère à peine.
Pour moi une mère indigne, c’est une mère qui, un jour, a rencontré un moment où elle s’est dit :
“Ce que la société semble attendre de moi comme mère, je décide de ne pas m’en occuper, de ne pas l’écouter. J’aurai mes propres critères. L’image que je devrais dégager pour rendre les autres satisfaits et rassurés, ce n’est pas une priorité pour moi. Et même, cette pression est tellement écrasante que je ressens un plaisir libérateur à me jouer d’elle en faisant parfois l’inverse de ce qu’on attend, et en le prenant avec humour.”
Il y a (quelques) mères qui réagissent contre la websérie de mère indigne (via les (z)imparfaites). Il y a les autres qui me regardent avec un air bizarre une fois de temps en temps. Ne les cherchez pas trop, ce n’est peut-être pas le genre à avoir un blog pour dire comment leur vie est belle et sans souci!
Qui sont-elles, ces mères imperturbables que la maternité ne remet pas en question?
Quand je me repasse le film de toutes les fois où je me suis fait regarder comme une mère indigne (comme si c’était un défaut!), c’était par une personne qui ne faisait qu’incarner une image, l’image de la pression sociale. La politesse, ou les bonnes manières nous dictent de faire ceci ou cela (rester calme et sereine en toutes circonstances, par exemple), donc: si j’ai été bien élevée, je dois m’insurger ou réagir quand je vois une autre mère faire quelque chose de pas correct! Sans réfléchir, quoi! Programmée comme un robot.
Mères jardinières
J’en connais des mères top qualité. Vous en connaissez aussi. Se posent-elles des questions? Sont-elles parfois découragées? Baissent-elles parfois les bras? Certainement.
Les mères que j’admire ou que j’idéalise s’occupent de leur enfant comme d’une belle fleur qu’on fait pousser. De l’eau, du soleil, une taille de temps en temps pour enlever les branches mortes et les mauvaises herbes. Des paravents, parfois, s’il le faut.
C’est le temps que tu as perdu pour ta rose…
“Le petit prince” en extrait audio ici, narré par Gérard Philippe. Je l’écoutais étant jeune, je le connais presque par coeur. Pourtant, je le redécouvre aujourd’hui et je trouve cet extrait très touchant:
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:
- Ah! dit le renard… Je pleurerai.
- C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
- Bien sûr, dit le renard.
- Alors tu n’y gagnes rien !
- J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta:
- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.
Le petit prince s’en fut revoir les roses:
- Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.
Et les roses étaient bien gênées.
- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.
Et il revint vers le renard:
- Adieu, dit-il…
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.
- L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.
- C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.
- C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.
- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…
- Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.
Tout le récit (texte) du Petit Prince ici.
extraits pdf de la version originale (amazon)
Photo de labyrinthe: woodleywonderworks
Photo de petit prince: Eason
Posted on mars 9, 2009 - by Nana
Vrac du lundi, wii!
- Après avoir résisté aux jeux vidéos comme s’ils étaient le démon incarné, nous avons finalement cédé pour une wii. Après un cinq minutes de défoulement essentiel à la boxe, je suis officiellement en amour avec la wii !
- Mamamiiia sur la journée de la femme: “le jour où vous devenez enceinte, vous ressentez un peu plus « la différence » avec vos collègues masculins (ou même vos collègues féminines célibataires!). La maternité soulève des questionnements auxquels vous n’avez encore jamais pensé (…)”
- C’est trop cool, un tapis de salle de bain en vraie mousse vivante! Pas sûre que c’est childproof…Via indie guest.
- L’enfant qui mange (trop) lentement: quoi faire. (Alyson Schafer)
- Aussi, Alyson Schafer recommande le livre de Barry MacDonald, “Boy Smarts“. C’est peut-être le livre qui va répondre à mes questions.
- Danslavraievie.com fait graduellement peau neuve. mais il reste du chemin à faire! C’est Banlieusardises qui m’a donné le goût, avec son nouveau look.
- PS: il est 18:15. Vous avez vu l’heure? je suis en train de bloguer avec un verre de vin alors que les enfants jouent au tennis sur la wii. Le souper est même pas fait! Quelle sublimissime indignité! Joussif.
Photo: Billaday
Posted on février 24, 2009 - by Nana
Finis ton assiette ?
C’est l’anniversaire du petit amoureux de ma fille (5 ans). J’y vais avec mes deux enfants. Comme les parents sont des bons amis, je reste et je donne un coup de main. On est dimanche avant-midi, quelques parents et beaucoup d’enfants sont là. Le papa m’offre à boire, café, thé? vino? Évidemment je prends du vin, et je dis:
“moi ça me prend de l’alcool pour survivre à une fête d’enfants!”
Regard horrifié d’une autre mère! appelons-la Sylvie. Mais c’est vrai, les fêtes d’enfants, c’est une enflure totale et c’est trop, trop, tout. Je m’y permets un verre de vin à 11h du matin. Je m’y permets des bouchées de n’importe quoi.
Sylvie a une jolie fille de 5 ans, Charlotte. Et Charlotte doit finir son assiette. C’est un anniversaire, les enfants courent dans tous les sens, ils sont excités, on est là pour s’amuser. Mais Charlotte n’a plus faim.
Dans quelques années, Sylvie va mettre Charlotte à la diète. Elle va passer de “finis ton assiette” à “t’as assez mangé maintenant”. Combien on parie?
Comme mères, on dirait qu’on est programmées viscéralement pour s’inquiéter à savoir si nos enfants sont assez nourris. Une question de survie de la race, probablement. Cependant, on ne vit plus dans des grottes, on est entourés de nourriture. On a pas besoin de faire des réserves. Et on a surtout besoin de ne pas faire tout un plat autour de l’alimentation.
À la maison, je n’ai jamais eu l’énergie ni le coeur de forcer mes enfants à manger. Mais je sens la pression énorme des autres mères! Pendant le repas, on me demande: “ton fils mange pas?”, je réponds qu’il a mangé juste avant de partir. Ça les fatigue! Surtout que mon fils est très mince! Moi ça me fait sourire… Pourquoi faudrait-il qu’un enfant de 7 ans soit gras pour qu’on se sente sécurisé? il mange à sa faim. Et laissez-moi vous dire qu’il ne manque pas d’énergie.
Est-ce que manger ne devrait pas être avant tout agréable et savoureux? un moment familial de détente et de conversation? Pourquoi est-ce qu’on en fait une opération de contrôle?
J’ai entendu parler de ce livre dans un article de Josée Blanchette:
“Le bouquin fait la part des choses et refuse de se cantonner dans les régimes et la peur des aliments, en cette époque de sédentarité et d’obésité. Les enfants ont un instinct sûr en matière de nourriture, mais encore faut-il les laisser explorer et se rappeler qu’ils imiteront leurs parents d’abord. Des trucs pour les enfants difficiles, les ados qui mangent en cachette ou qui sont victimes des pressions du groupe. Du coup, on retrouve l’immense plaisir et le grand espace de liberté qu’offre le terrain culinaire.”
Depuis que j’ai lu ce livre, les repas sont plus agréables. On met une cuillérée de sucre sur les céréales parce que c’est bon. Sans culpabilité, quoi. J’ai remarqué que parfois je fais un repas, disons du riz avec un genre de chop suey. Ma fille va manger juste du riz (brun) avec un peu de sauce, et mon fils va manger juste le chop suey. Et alors? Et si ça nage dans le ketchup? Et alors?
Nos enfants en occident ne manquent pas de nutriments ni de vitamines. Il est beaucoup plus important de vivre avec eux des repas familiaux axés sur le plaisir…
Photo: myrrienPosted on septembre 23, 2008 - by Nana
Pilons de poulet à l’orange du mardi
Une recette délicieuse, facile et économique.
Préparation: 5 min, cuisson: 50 min
Ingrédients:
• 125ml (1/2t) de jus d’orange concentré congelé
• 45ml (3 c. à soupe) de tamari
• 45ml (3 c. à soupe) de miel ou sirop d’érable
• 1 gousse ail hachée (en pot, déjà hachée)
• 12 pilons de poulet
Recette:
Allumer le four à 200° C (400° F). Mettre les pilons sur une plaque recouverte d’un papier parchemin ou d’une feuille de cuisson*. Mélanger tous les autres ingrédients (écraser le jus si encore congelé), et les verser sur les pilons. Cuire 50 minutes. En cours de cuisson, badigeonner les pilons une ou deux fois. C’est tout!
Cette recette est inspirée (et simplifiée) de “pilons de poulet pas mal collants”, du livre À table les enfants.
*La Feuille de cuisson remplace le papier parchemin . Elle est faite de silicone, ou de matériaux anti-adhérents. Elle est facile à laver et remplace les matières grasses pour la cuisson.
Posted on juillet 22, 2008 - by Nana
Le mythe de la bonne mère
Les Z’imparfaites ne sont pas très impressionnées par “Le Livre des mères parfaites” suggéré par La mère blogue (cyberpresse). Avec un titre pareil, le contraire eut été étonnant…
S’affranchir de la perfection
Voici un livre que j’ai lu, re-lu, offert en cadeau, et que je devrais relire régulièrement: “Breaking the Good Mom Myth” (Every Mom’s Modern Guide to Getting Past Perfection, Regaining Sanity, and Raising Great Kids).
L’auteur, Alyson Schafer, est psychothérapeute, consultante en parentalité, et a deux enfants. Elle répond aux questions de parents à l’émission “The parenting Show” (disponible sur le web), donne des conférences, et tient aussi un blog, qui offre régulièrement des ressources pour les parents. 
Les méthodes qu’elle prône sont utiles, simples, pleines de bon sens et déculpabilisantes. Dans le tourbillon de la vie avec de jeunes enfants, on n’y aurait pas nécessairement pensé, ou trop tard. Voici quelques exemples:
- Identifier la différence entre “Slow-parenting” et “Fast-Fix parenting” (les méthodes longues et efficaces, ou les méthodes rapides genre bombes à retardement)
- Protéger le couple des difficultés de la parentalité (ne pas remettre son couple à plus tard)
- Comment tuer dans l’oeuf la jalousie entre les enfants
- École: garder la tête froide. le panneau de la performance.
- Pourquoi ne pas être une maman “entertainer” (billet à ce sujet ici)
Voici un livre intelligent qui ne rajoute pas de pression, et ne nous prend pas pour des tartes. Surtout, le livre brise beaucoup d’idées reçues (d’où le titre), et ouvre sur un chapitre sur l’importance de ne pas se faire passer en dernier. Oui, il est important de pouvoir aller à la toilette en solo (en profiter pour lire ce récit de mère indigne), et non, les enfants n’ont pas besoin de prendre leurs repas assis sur nos genous!
Je suis vraiment dûe pour une relecture…


