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Dans la vraie vie

Posts Tagged ‘Comment font les autres?’


Posted on mars 27, 2009 - by Nana

Les études

Les études

Quand mes enfants étaient tout petits, il y a un moment donné où je me suis mise à m’intéresser à toutes les études qui passaient. Quel étourdissement de l’enfer. Il passe des études absolument sur tous les sujets possibles et imaginables. Je pensais exploser. Ça commence évidemment avec l’accouchement, puis l’allaitement vs le lait maternisé. On enchaîne avec l’alimentation: céréales ou légumes en premier? Et les fameux vaccins: un risque de causer l’autisme? etc.

Un moment donné, on n’en dort plus, et c’est pas à cause des pleurs de bébé. À ce moment-là, j’ai décidé de remettre toutes ces questions au pédiâtre de mes enfants, en qui j’ai confiance. La pédiâtre juge qu’il est temps pour le vaccin? j’ai fait donner le vaccin. C’est sa spécialité, son expertise, et moi je n’ai pas les compétences pour tout remettre en question parce qu’une étude vient de sortir et qui dit que peut-être que. C’est de la gestion d’angoisse, quoi. En mère angoissée, je ne rends pas service à personne.

Et puis je me suis mise à écouter mes intuitions de mère.

J’observe, j’écoute. Qu’est-ce que le bon sens me dirait? Que font mes copines qui partagent mes valeurs? L’éducatrice de mes enfants avait 30 ans d’expérience. Quelle était son opinion?

J’essaie aussi de me rappeler quand j’étais enfant, qu’est-ce qui avait un impact sur moi? Mes enfants me ressemblent, après tout.

Suis-je vraiment capable de comprendre les tenants et aboutissants des études qui passent?

Au bout du compte, je pense que la vraie question est: quelle est la bonne décision pour moi, pour notre famille, dans notre situation, ici, maintenant. Chacun fait ses propres choix.

Je continue évidemment de lire des études ou des essais. D’acheter des livres. De me poser un million de questions.

Le jour où j’arrêterais, ça serait comme une démission, après tout. Parce que nos enfants seront toujours nos enfants, même à trente ans, et qu’ils sont toujours face à de nouvelles questions, de nouveaux choix.

Une chose par contre, des fois ça vaut vachement la peine de se blinder contre le jugement des autres. Je ne vis pas en fonction du regard de l’autre madame dans le parc. J’essaie, en-tout-cas…

Préoccupations du moment

Preuve que je m’en fais encore:

  • Les champs électromagnétiques: le tour de la question
  • Un essai très fouillé sur l’allaitement: the case against breast-feeding via La mère blogue
  • Sur le décrochage: “Vive la crise!” par Christian Rioux, le devoir
  • et un article très intéressant sur l’organisation d’un bureau à la maison : An Orderly Office? That’s Personal
photo: Shoothead

Posted on mars 16, 2009 - by Nana

Mères jardinières

Mères jardinières

Comment font les autres? C’est une question que je me pose quotidiennement. C’est aussi ce qui m’a amenée à consommer avidement  une quantité toujours grandissante de blogs de parents.

Petites difficultés

Quand mes enfants étaient tout petits, souvent j’en arrachais, et je discutais de mes difficultés avec d’autres mères pour réaliser que c’était à peu près pareil chez elles. L’allaitement était aussi douleureux au début. Les coliques, je ne suis certainement pas la seule à avoir connu ça. Le manque de sommeil? Fouillis, anyone? trouver une garderie, peut-être? Le cerveau est ainsi fait qu’on oublie ces choses-là. On ne garde que les bons souvenirs, en contemplant nos mignonnes photos de bébés qui dorment. Une fois, une, on a pris une photo de notre garçon qui braillait à se déchirer le poumon, pour s’en souvenir… C’est une réalité qui se produisait quand même régulièrement. Une photo sur 3500? 4000?

Moyennes difficultés

Par contre, quand les enfants grandissent, je remarque que le vécu est de plus en plus différent d’une famille à l’autre. Il y a les enfants sages, et les autres. Il y a des parents impliqués, beaucoup, à la folie, pas du tout. Il y a des gènes, il y a des couples qui se séparent. Nos chemins, partis à peu près du même point avec bébé, divergent.

Grandes difficultés

“Petits enfants, petits problèmes”, me rappelle souvent ma grande amie. Ça m’empêche de m’asseoir sur mes lauriers les jours où ça va bien. Je vis dans le doute! Oui, mais?

Mère indignes

Cela dit, il y a des mères indignes. J’en suis une, hé! ho! J’ai déjà servi des chips pour souper. J’exagère à peine.

Pour moi une mère indigne, c’est une mère qui, un jour, a rencontré un moment où elle s’est dit :

“Ce que la société semble attendre de moi comme mère, je décide de ne pas m’en occuper, de ne pas l’écouter.  J’aurai mes propres critères. L’image que je devrais dégager pour rendre les autres satisfaits et rassurés, ce n’est pas une priorité pour moi. Et même, cette pression est tellement écrasante que je ressens un plaisir libérateur à me jouer d’elle en faisant parfois l’inverse de ce qu’on attend, et en le prenant avec humour.”

Il y a (quelques) mères qui réagissent contre la websérie de mère indigne (via les (z)imparfaites). Il y a les autres qui me regardent avec un air bizarre une fois de temps en temps. Ne les cherchez pas trop, ce n’est peut-être pas le genre à avoir un blog pour dire comment leur vie est belle et sans souci!

Qui sont-elles, ces mères imperturbables que la maternité ne remet pas en question?petitprince

Quand je me repasse le film de toutes les fois où je me suis fait regarder comme une mère indigne (comme si c’était un défaut!), c’était par une personne qui ne faisait qu’incarner une image, l’image de la pression sociale. La politesse, ou les bonnes manières nous dictent de faire ceci ou cela (rester calme et sereine en toutes circonstances, par exemple), donc:  si j’ai été bien élevée, je dois m’insurger ou réagir quand je vois une autre mère faire quelque chose de pas correct! Sans réfléchir, quoi! Programmée comme un robot.

Mères jardinières

J’en connais des mères top qualité. Vous en connaissez aussi. Se posent-elles des questions? Sont-elles parfois découragées? Baissent-elles parfois les bras? Certainement.

Les mères que j’admire ou que j’idéalise s’occupent de leur enfant comme d’une belle fleur qu’on fait pousser. De l’eau, du soleil, une taille de temps en temps pour enlever les branches mortes et les mauvaises herbes. Des paravents, parfois, s’il le faut.

C’est le temps que tu as perdu pour ta rose…

“Le petit prince” en extrait audio ici, narré par Gérard Philippe. Je l’écoutais étant jeune, je le connais presque par coeur. Pourtant, je le redécouvre aujourd’hui et je trouve cet extrait très touchant:

Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l’heure du départ fut proche:

- Ah! dit le renard… Je pleurerai.

- C’est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t’apprivoise…

- Bien sûr, dit le renard.

- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.

- Bien sûr, dit le renard.

- Alors tu n’y gagnes rien !

- J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

Puis il ajouta:

- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferai cadeau d’un secret.

Le petit prince s’en fut revoir les roses:

- Vous n’êtes pas du tout semblables à ma rose, vous n’êtes rien encore, leur dit-il. Personne ne vous a apprivoisé et vous n’avez apprivoisé personne. Vous êtes comme était mon renard. Ce n’était qu’un renard semblable à cent mille autres. Mais j’en ai fait mon ami, et il est maintenant unique au monde.

Et les roses étaient bien gênées.

- Vous êtes belles, mais vous êtes vides, leur dit-il encore. On ne peut pas mourir pour vous. Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

Et il revint vers le renard:

- Adieu, dit-il…

- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple: on ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.

- L’essentiel est invisible pour les yeux, répéta le petit prince, afin de se souvenir.

- C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

- C’est le temps que j’ai perdu pour ma rose… fit le petit prince, afin de se souvenir.

- Les hommes ont oublié cette vérité, dit le renard. Mais tu ne dois pas l’oublier. Tu deviens responsable pour toujours de ce que tu as apprivoisé. Tu es responsable de ta rose…

- Je suis responsable de ma rose… répéta le petit prince, afin de se souvenir.

Tout le récit (texte) du Petit Prince ici.

extraits pdf de la version originale (amazon)

Photo de labyrinthe: woodleywonderworks

Photo de petit prince: Eason


Posted on juillet 17, 2008 - by Nana

Femme au foyer ou femme en feu

Famille en vitesseAvec quoi a-t-on remplacé le modèle de la femme au foyer?

On s’entend: je me réjouis d’avoir une carrière, je me réjouis d’avoir des enfants, et je suis heureuse avec mon amoureux, le père de mes enfants. Je me réjouis de toutes les femmes qui ont une carrière. En dehors de ça, quand je compare mon enfance et l’enfance de mes enfants, quand je compare mon quotidien avec celui qu’avait ma mère au mème âge, je me pose des questions.

Productivité, je t’aime

Des fois, on a un point de vue négatif sur les femmes au foyer: On a l’impression qu’elles se prélassaient toute la journée, ne prenaient pas soin de leur apparence, profitaient de leur mari. Aujourd’hui, on glorifie la suractivité, la productivité, la perfection. Quel lavage de cerveau a pu permettre ça? Qu’est-ce qu’on peut bien en retirer?

Mathématiquement…

On prend un père qui travaille toute la semaine pour faire vivre sa famille. On ajoute une mère qui s’occupe des enfants, de la maison, du bien-être de la famille. Avec ça, des enfants, qui reviennent de l’école tôt et dans une maison où le niveau de stress est relativement normal. Disons qu’on avait là une forme de modèle, qui avait ses défauts évidemment, mais un modèle en ce sens qu’il était partagé par l’ensemble d’une société depuis nombre d’années.

À partir de ce modèle-là, qu’est-ce qu’on fait: on ajoute, on ajoute, on ajoute! On ajoute une carrière, on ajoute qu’on veut que nos enfants prennent des cours de langues dès la gestation, qu’ils deviennent des petits génies, on ajoute de la pression, et encore de la pression.

  • Avons-nous plus d’énergie que dans les années 60-70?
  • Voulons-nous à tout prix prouver que nos talents d’organisation font des miracles?
  • Le partage des tâches n’a-t-il pas le dos large?
  • Est-ce que tout le monde a une femme de ménage, qui vient plusieurs fois par semaine?
  • Mangeons-nous que des surgelés?

Il y a forcément quelqu’un qui paie!

Au choix: parents épuisés, parents endettés, parents divorcés, enfants stressés…

Difficile conciliation travail-famille

  • Parents au travail: attention danger! (”Pourtant, c’est dans la réévaluation complète des contraintes liées au travail que se trouve une piste de solution à cet épineux problème social. «Les entreprises ont tendance à considérer que faire des enfants est une responsabilité individuelle, alors que la problématique des parents-travailleurs a des dimensions sociales, culturelles et économiques très fortes. Il faut donc arriver à transformer les milieux de travail en fonction d’une conscientisation plus collective de cette réalité. Car il s’agit véritablement d’un débat de société», ajoute madame Tremblay.”)
  • 1 woman, 2 roles and stress (de la difficulté à passer de la vitesse pro à la vitesse famille)
  • The elements of stress in parenting 101 (”Attention! Attention! This is your Parent speaking. Get up. Get dressed. Eat breakfast. Put on your coat. Run to the school bus. NOW!“)
  • Le parent et le couple au risque de la parentalité
  • Stress Management For Kindergartners (”Every other generation saw parents going through hardship. But they also saw family meals or playing in the street. Now grown-ups de-stress in the middle of the night, after everyone else goes to sleep.”)
  • Entrevue avec Gisèle Georges, auteure de “Ces enfants malades de stress“

.

Photo: fazen

Posted on juillet 7, 2008 - by Nana

Le futur

Machine distributriceCe matin, c’est un lundi matin à double expresso. D’habitude, il n’y a pas d’espresso, le matin, il y a une bonne théière de thé vert. Quand il y a espresso, c’est donc en plus du thé. Et ce matin, c’est double espresso. J’en suis venue à la conclusion que la qualité du lundi matin est inversement proportionnelle à celle du week end. Dans la vraie vie, on aime l’expression “inversement proportionnelle”, ça nous donne une forme d’espoir. En plus, j’aime parler de moi au “nous”, ça me nous donne plus de prestance, n’est-ce-pas?

Quand je commence à parler dans une drôle de langue proche du débile, c’est que l’overdose de caféine se prépare. Mais, entretemps, il y a un momentum où je sors toutes sortes de trucs plus ou moins valables à écrire. Comme tantôt, j’ai inventé la maison parfaite. Ça m’arrive souvent, surtout le lundi matin, de réfléchir à la maison parfaite.

C’est peut-être ça, mon problème

Devant la catastrophe de l’état de ma cuisine, qui est comme je disais proportionnellement inversionnelle à la qualité du week end, (ou le contraire, comme vous voulez), au lieu de simplement ramasser, je remets en question la fontionnalité des électro-ménagers, notre système de partage des tâches, mes capacités de mère, la discipline, le quartier où je vis, etc. Résultat: les restants de repas se compostent eux-mêmes sur le comptoir, sinon sous la table.

La maison parfaite de ce lundi matin, c’est une maison qui ne comporte pas de murs comme tels. les divisions sont faites uniquement de rangement jusqu’au plafond. MAIS attendez, jusque-là, on est uniquement dans le fantasme de toute femme. L’innovation de mon idée, c’est que les portes des dits rangements sont HOLOGRAPHIQUES, et doté d’un système super génial qui fait que quand on les touche, elles s’effacent. Donc, pas de claquement de porte, et on sauve du temps quand on cherche quelque chose. Voyez-vous les possibilités?

Autre idée, celle-là aussi en overdose de caféine: on divise la maison en deux parties. Une pour vivre, qui est pratiquement vide, quelques meubles, des tableaux, de l’écho, l’essentiel zen. L’autre partie est UNE IMMENSE MACHINE DISTRIBUTRICE reliée à une base de donnée. Ça, c’est géant comme idée. Je cherche un document? Je tape sur mon petit clavier. Poupoune cherche son fameux bonnet rose avec pompons? Je tape sur le petit clavier. Rapidement les enfants apprennent à écrire. Ha! ou plutôt: un système à reconnaissance vocale… pour encore plus de paresse.

La cuisine du futur…

Cela dit, il y a des gens qui réfléchissent sérieusement et en tout impunité à la cuisine du futur. Ont-ils eux-aussi des comptoirs auto-compostants?

Sur la première photo (lien), un écran LCD est intégré dans le comptoir en Corian, et permet de contrôler la lumière, la musique, les plaques chauffantes, etc. C’est sûrement très joli et futuriste et design, et blanc, et fluide, mais ça me couperait toute envie de cuisiner. En fait, cette cuisine si blanche me donnerait envie d’aller prendre un bain!

Il y a aussi la cuisine tout-en un (lien) pour ceux qui bougent beaucoup et cuisinent peu.

Il s’agit d’une unité centrale rotative dotée d’une porte circulaire qui peut être glissée autour, et même fermée complètement. L’unité peut être facilement déménagée. C’est comme l’inverse du fameux plan de travail en triangle, où toutes les utilités sont situées autour de soi. Je suis peut-être de mauvaise humeur ce matin, mais pour moi, cette cuisine, c’est “La roue de fortune” de la cuisine. Tournez, et attrapez votre instrument! les couteaux ont intérêt à être bien accrochés!

…on dirait que ce n’est pas pour moi

Ces jours-ci, tout ce que j’ai envie de faire comme cuisine, c’est mettre du pop corn dans le micro-ondes. D’ailleurs, ça me fait penser, tout ce pop corn et ce futurisme, que nous sommes allés voir Wall-e, le dernier Disney/Pixar. C’est tout simplement un chef d’oeuvre, pour toute la famille. Un film réfléchi, critique, attendrissant, un régal pour les yeux. Aussi, un film qui calme iilico toute envie de futurisme!

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Photo de l’entête: Spareorgan


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